• Hulwenn LUCAS

Gagner en efficacité après le confinement

Après 10 jours de confinement, les symptômes de stress post-traumatiques comme la colère et l'évitement persistent, même de retour au travail.



Cette expérience de confinement est « inédite ». Puisque nous ne l’avons jamais connue, nous ne pouvons a priori pas présager de ce qu’il va se passer quand chacun d’entre nous retrouvera son « quotidien ».


Il y a avait le "quotidien avant", il y a le "quotidien pendant" et il y aura le "quotidien après". 

Cet article a pour objectif de :

  • Comprendre les effets du confinement avant, pendant et après

  • Connaitre les facteurs de stress liés au confinement excédant 10 jours

  • Réfléchir au lien entre l'impact du confinement sur moi et le lien avec mon équipe, mes collègues

  • Collecter des idées pour créer sa "recette managériale" après confinement


LES EFFETS DU CONFINEMENT avant, pendant, après

Le quotidien a changé du jour au lendemain pour plusieurs catégories de personnes :

  • dans le service au public, les professions essentielles ont doublé, voire triplé leur activité (santé, alimentation, transport, logistique, etc.) ;

  • dans le service aux entreprises et aux particuliers, certains métiers sont à l’arrêt, à temps partiel ou à plein temps et les personnes sont plus ou moins confinés (comptabilité, marketing, commercial, industrie, etc..).

Notre "quotidien avant" était rythmé par :

  • des horaires plus ou moins flexibles,

  • des activités professionnelles plus ou moins variées,

  • des activités personnelles de type loisirs, investissement social et/ou ne rien faire,

  • des activités familiales de tous ordres.

Ce quotidien remplissait donc une fonction importante : celle de structurer notre temps, celle de le "remplir", celle de l'organiser. Cela permettait de combler du vide et nourrissait un besoin psychologique essentiel à notre équilibre (cf Eric Berne - Analyste Transactionnelle). Ce quotidien avait quelque chose de "stable", bien que des imprévus pouvaient se greffer plus ou moins régulièrement : mais ces imprévus faisaient aussi partis du quotidien ! Un pneu de voiture qui éclate, une conf call annulée au dernier moment, une commande que l'on attendait plus qui se confirme, la fièvre du petit dernier, etc..

Et ce quotidien semble à la fois proche et loin, comme ce panneau fléché en couleur sur fond de paysage en noir et blanc...



Photo de Jens Johnsson provenant de Pexels

Il y a eu de de l'agitation médiatique, de l'agitation politique, de l'agitation populaire autour du coronavirus. Cette agitation s'est faite de manière progressive, comme des tams tams qui annoncent la pluie, et finalement un coup de tonnerre. Nous avons constaté une progression fulgurante de la contagion à compter de mi-décembre pour la Chine, et dès janvier pour l'Italie, l'Espagne et la France. A ce stade, nous n'avions pas vraiment conscience de la gravité de cette pandémie, même si nous avons entendu le tonnerre gronder...


Et puis nous sommes passés au "quotidien pendant", de manière brutale :

  • le 12 mars, l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé) déclare que la flambée du coronavirus constitue une pandémie,

  • le ministre de l'éducation nationale annonce de la fermeture des écoles et des universités à compter du 12 mars,

  • le 1er ministre annonce la fermeture des bars et restaurants le 14 mars à minuit,

  • le président de la république annonce un confinement le 16 mars avec un minimum de quinze jours,

  • nous sommes soumis à une attestation dérogatoire si nous quittons notre domicile.

Cette brutalité, liée aux éléments de la réalité (une pandémie, des milliers de morts, une contagion exponentielle, la restriction de la liberté individuelle) a entrainé des décisions radicales auxquelles nous nous sommes soumis (sans compter le pourcentage d'irrésistibles gaulois, qui a fini par capituler - enfin presque !).

Notre temps a dû s'organiser autrement, le vide a appelé le plein et nous avons réorganisé nos vies personnelles, professionnelles et familiales. Et dans ce nouveau quotidien, il peut y avoir du plaisir, de la joie, de l'enthousiasme, de la colère, du débordement, de l'évitement, du déni, de l'impuissance.

Ces changement brutaux, rapides sont un facteur de stres indéniable, et nous les vivons avec plus ou moins de difficulté selon notre expérience de la gestion du stress. 

Photo de Andrea Piacquadio provenant de Pexels

REFLEXION PERSONNELLE

  • Comment évaluez-vous votre niveau de stress au début du confinement ?

=> sur une échelle de 0 à 10 (0 = pas de stress ; 10 = mon stress est au plus fort)

  • Comment évaluez-vous votre niveau de stress maintenant ?

  • Quels sont les facteurs de stress professionnels, personnels, familiaux qui occasionnent du stress ?

  • Que faisiez-vous dans votre quotidien avant pour gérer votre stress ?

  • Ces "choses" sont-elles transposables ou adaptables dans votre quotidien pendant confinement ? (si vous avez répondu non, à vous de tester d'autres manières pour diminuer le stress ! sport à la maison, appel aux amis, plaisirs personnels oubliés, etc...)


D'après une étude menée par Lancet*, une durée supérieure à 10 jours de confinement est prédictive de symptômes post-traumatiques, de comportements d’évitement et de colère. 

*leur note de synthèse a été rédigée à partir de 3166 articles publiés et expertisés par des comités scientifiques, dont 24 études présentant une solidité scientifique ont été retenues. Elles concernent 10 pays et incluent pour l’essentiel les virus du SRAS (11), Ebola (5) et de la grippe A (H1N1) (3)) (source www.theconsersation.com)


Voici ce que les auteurs ont identifié pour cet après confinement matière de stress post-traumatique :

  • les conséquences économiques de la perte de revenus à l’origine d’une détresse socio-économique, qui sont cause de colère et d’anxiété pendant les mois qui suivent le confinement ;

  • la détresse socio-économique globale ;

  • la perte des relations commerciales ;

  • la fragilisation élevée des travailleurs indépendants ;

  • la précarisation encore plus importante des personnes les plus fragiles au niveau économique et travaillant dans les métiers ne pouvant s’effectuer par télétravail ;

  • les difficultés à reprendre le travail ;

  • la tension dans les couples liée aux types d’activités professionnelles plus ou moins à risque de chacun des partenaires ;

  • la stigmatisation à l’égard des personnes représentant un danger de propagation ou issues d’une région surexposée.


Photo de Matthias Zomer provenant de Pexels

LE QUOTIDIEN APRES : comment sortir de là ? comment accompagner cet après ?

Les organisations privées ou publiques (entreprises, fonction publique, associations) qui prendront la mesure des effets post-confinement se relèveront plus vite de cette expérience.

Un manager ou un dirigeant peut avoir plusieurs comportments :

  • mésestimer les effets psychologiques sur lui et ses collègues,

  • sous-estimer les effets sur les membres de son équipe en centrant son discours sur les pertes financières,

  • sur-estimer les effets sur les membres de l'équipe en centrant son discours sur leur bien-être au quotidien,

  • regarder honnêtement les effets psychologiques sur les populations les plus vulnérables de son équipe, sur ses salariés.

Le juste milieu n'est pas facile à trouver, pour autant, il est nécessaire d'avoir un bon dosage entre :

  • les éléments de la réalité : prenez soin de vous pour bien vous occuper des autres ! donnez des éléments factuels et pas de rumeurs pour limiter les angoisses,

  • un sentiment de confiance sur l'issue du confinement, quelle que soit l'issue : le leader est celui qui éclaire le chemin (même s'il n'y voit pas grand chose ;-))

  • des temps d'écoute individuel dédiés sur la durée (6 mois) pour écouter la colère, aller chercher ceux qui sont dans l'évitement rassurer, accompagner, soutenir,

  • des temps de travail collectif qui démarre par la mesure de l'humeur* et :

=> une musique choisie par l'équipe pour être de bonne humeur (banissez les musiques tristes !)

=>ou tout autre tactique qui permette à l'équipe d'aller vers une sensation agréable.


*Cette représentation graphique est inspirée par le « mood meter ». Ce baromètre de l’humeur a été créé par Marc Brackett, Directeur du Centre de l’intelligence émotionnelle de Yale et chercheur en Psychologie. Ce baromètre recense 100 sentiments, dits « émotions complexes ».


CONCLUSION

Vos équipes auront besoin d'être accompagnées et vous aurez peut-être besoin d'être accompagné(e) à accompagner ! Si vous souhaitez :

  • Evaluer votre compétence à la gestion de votre stress (modèles scientifiques)

  • Repérer les facteurs de stress dans vos équipes

  • Intégrer des séquences d'écoute individuelle et collective dans votre agenda

  • Utiliser des outils de gestion du stress au niveau individuel et collectif


Je vous accompagne tant au niveau individuel que collectif, en coaching ou en formation à distance et/ou présentiel.

Hulwenn LUCAS

Alliée et coach de votre Performance, en toute Humanité 06 35 22 16 87

hulwenn.lucas@fenixconseils.com


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